Bien-être du lapin

Problèmes respiratoires chez le lapin

!! Attention, cet article est purement informatif et basé sur des expériences vécues, il ne remplace en aucun cas un avis médical, et ne se soustrait pas à un traitement donné par votre vétérinaire…Il vous conseille simplement sur les marches à suivre si votre lapin présente les troubles cités ci-dessous…Merci de ne pas sous-estimer des symptômes préoccupants, sans prendre un avis médical. !!!

Qu’est-ce que le Coryza ?

Chez le lapin, plusieurs infections ayant plus ou moins les mêmes symptômes (écoulements nasaux, éternuements…) sont regroupés sous le nom de Coryza. D’une manière générale, cette maladie respiratoire est dangereuse et très contagieuse. En tout cas, soyez vigilant car cela est loin d’être bénin ! Il faut savoir que de nombreux lapins sont porteurs du germe du coryza sans que ce dernier soit déclaré.Ils ne présentent alors aucun symptôme mais ils ne sont pas sains pour autant et la maladie peut se déclencher soudainement suite à un violent stress par exemple.

Comment le guérir ?

Aux premiers signes de rhinite : écoulements, éternuements, il faut consulter sans attendre votre vétérinaire. Plus il est pris tôt et plus vous aurez de chances que cela guérisse vite et ne laisse pas de séquelles à votre lapin.

• Prendre un antibiotique à spectre large, bien toléré par le lapin et éventuellement un anti-inflammatoire pendant quelques jours.
• Faire des séances d’inhalations avec un mélange tout prêt comme le respicat.
Chose importante également, les flushages des narines. Il est important de bien nettoyer le nez de votre lapin pour éliminer le plus possible les sécrétions. A l’aide de sérum physiologique et de seringue (sans anguille bien entendu !) on introduit du sérum physio dans chaque narine pour laver les narines du lapin. Les sprays d’eau de mer sont également très utiles pour faire ce nettoyage (dans ce cas-là prendre un spray pour nourrisson ou l’embout est plus petit et où le jet est moins puissant).
Il faut veiller à ce que ce nettoyage ne soit pas trop agressif, car ce nettoyage fait régulièrement éternuer votre lapin. Les éternuements trop violents peuvent entrainer une irritation. Dès que vous voyez que le nez de votre lapin est propre, alors ne pas insister.
Si vous respectez bien les consignes de votre vétérinaire, et que vous l’avez consulté dès les premiers symptômes, il n’y a pas de raisons que votre lapin ne guérisse pas …

• Si vous constatez qu’après son traitement il n’y a pas d’améliorations, alors il faut envisager de prélever ses sécrétions nasales pour les mettre en culture pour cibler la bonne bactérie et adapter l’antibiotique qui sera efficace pour l’éradiquer.
Certains cas les plus sévères peuvent se transformer en infection pulmonaire, on parle alors de pasteurellose … Dans ce cas, le pronostic vital est plus sombre, c’est une infection très très coriace, et rares sont les lapins qui arrivent à surmonter cette infection.

Pour ma part, Harry a vécu comme un début de coryza, nous avons donc appliqué le protocole cité plus haut …
Malheureusement, le traitement n’a pas permis sa guérison. Nous avons donc fait des analyses de ses sécrétions nasales, et adapté son traitement.
Malgré cela, son état était toujours le même, aucune amélioration.
Nous avons donc fait passer un scanner à Harry pour tenter de comprendre d’où venait son problème. Cela a révélé que 2 dents (1 à gauche et l’autre à droite) sur la mâchoire supérieure avaient leurs racines qui étaient en train de s’infecter. Harry avait 8 ans à ce moment-là, donc le fait que 2 de ses dents soient en train de se dégrader n’était pas une surprise.
Notre vétérinaire a préconisé de les enlever, car ce début d’infection au niveau des racines pouvait continuer à entretenir l’infection au niveau des sinus.

Mais ce que le scanner a révélé de plus étonnant, c’est qu’il a révélé que les cavités nasales d’Harry étaient remplies de rhinolithes (concrétion calcaire développée lentement dans les fosses nasales) et que tous ces petits « cailloux » entrainaient une infection constante de ses sinus.

Notre vétérinaire a donc préconisé une opération pour retirer toutes ces concrétions, et libérer ainsi ses sinus.
Elle a donc procédé à une trépanation des sinus. Cela consiste à ouvrir de chaque côté les ailes du nez pour tout retirer.
Il fallait par la suite que les ouvertures de chaque côté restent ouvertes le plus longtemps possible afin que nous puissions nettoyer et cureter matin et soir les cavités nasales.

Cette opération quotidienne a été particulièrement difficile à endurer pour nous et surtout pour Harry, mais elle était nécessaire à sa guérison.
Lorsque les trous se sont refermés, il a fallu continuer à nettoyer son nez tous les jours, matin et soir (flush de sérum phy) car les rhinolithes sont revenus. Nous procédions à un nettoyage encore plus minutieux grâce à ce mouche bébé pour récupérer les sécrétions d’Harry.
Comme les sécrétions étaient très épaisses, Harry avait le droit à une nébulisation quotidienne grâce à cet appareil :

En mélangeant du mucomyst (pour fluidifier les sécrétions) du sérum physio et des huiles essentielles (respicat) Harry respirait ceci avec l’aide d’un masque (nous l’allongions et il finissait par s’endormir !) et ce nuage de microgouttelettes rentrait en profondeur dans ses sinus, ce qui nous permettait d’avoir des sécrétions plus fluides et faciles à enlever.
Régulièrement Harry pouvait avoir des crises d’éternuements à répétition car les rhinolithes descendaient dans ses narines, il arrivait parfois à les expulser en éternuant, parfois nous l’aidions à l’aide du mouche bébé.
Harry a vécu avec ses soins quotidiens matin et soir (nettoyage des narines par flushage + mouche bébé + nébulisation) jusqu’à la fin de sa vie, de 2013 à 2017.
Sa respiration était satisfaisante, mais si nous n’avions pas poursuivi ses soins, il n’aurait pas pu vivre aussi normalement, et n’aurait certainement pas vécu aussi longtemps.
Nous n’avons jamais su comment ni pourquoi il fabriquait ses « petits cailloux », c’est un phénomène que l’on voit plus souvent chez les perroquets !
Ce qui lui est arrivé est quelque chose d’assez rare et exceptionnel. Son état était quand même invalidant, mais n’était pas aussi grave qu’une pasteurellose.
Avec une infinie patience et confiance en nous, Harry s’est toujours laissé faire pendant les soins. Je pense qu’il a fini par comprendre que sans notre aide, il avait plus de difficultés à respirer correctement.
J’espère que cet article pourra vous aider à repérer, et agir pour aider votre animal en cas de problèmes respiratoires. Je vous souhaite une belle et heureuse aventure avec votre compagnon à grandes oreilles !

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