Bien-être du lapin

Pourquoi un lapin n’est pas fait pour vivre en cage ?

Le lapin est le troisième animal domestique en France. Il est doux et gentil et semble s’adapter partout. Pourtant, ses conditions de vie ne sont pas toujours optimales et malheureusement, trop nombreux sont les lapins enfermés en permanence dans une cage. Voyons quelles sont les conséquences de cet enfermement, et surtout comment y remédier.

Revenons aux origines…

Pour comprendre les besoins du lapin domestique, il convient de regarder le comportement de son ancêtre dans la nature. Certes, l’animal a connu des transformations physiques et des adaptations, comme dans tout processus de domestication, mais l’instinct demeure au-delà des manipulations génétiques.

Le lapin que l’on trouve dans le commerce descend du lapin de garenne. Ses vingt-huit dents ne cessent de pousser tout au long de sa vie, d’où l’importance d’une forte activité pour les user. Fin gourmet, il distingue le salé, le sucré, l’acide et l’amer.

Le lapin est un animal sociable qui vit en couple ou en groupe hiérarchisé d’une vingtaine d’adultes.

Son espérance de vie tourne autour des neuf ans, sauf s’il croise un prédateur en chasse. Il passe sa vie dans son espace vital pouvant aller jusqu’à 4 hectares s’il y règne seul, et le double pour une communauté.

Le lapin creuse son terrier, et le relie à d’autres terriers par un réseau de galeries souterraines.

Les besoins de l’animal domestique

La protection du terrier

La cage à lapin représente l’extrême opposé de ce qui convient à votre lapin. La cage elle-même n’est pas adaptée, le lapin n’y est pas protégé comme dans un terrier, conçu comme un cocon à l’abri des regards.

Votre lapin doit pouvoir trouver un coin confortable où il se sent à l’abri. Il apprécie généralement le même type d’habitat que le chat : un coussin moelleux, un couffin au fond duquel il peut disparaître, ou même un arbre à chat sur lequel il appréciera de se poster en hauteur pour observer les environs.

Si vous pouvez en plus lui ménager un ou plusieurs tunnels qui lui rappellent les galeries de ses ancêtres, vous le comblez !

L’activité physique

Dans la nature, le lapin a une activité physique extrêmement dynamique. Creuser et entretenir son réseau de galeries sont des tâches harassantes. Il sort aussi pour se nourrir et rencontrer ses congénères avec qui il comble ses besoins sexuels extrêmement développés. Il a également appris à se dissimuler en cas de rencontre avec les prédateurs, et à courir très vite pour leur échapper.

Les conséquences de l’inaction sont doubles : physiques et mentales. Physiquement, le lapin en cage ne développe pas sa musculature et à tendance au surpoids, voire à l’obésité. Rester inactif l’empêche de dépenser le trop plein de calories ingérées, et l’ennui qui le pousse à la boulimie ne fait qu’aggraver la situation. Des problèmes de cœur accompagnent souvent ce genre de dérive.

Les conséquences de l’inactivité sont délétères sur le système digestif et le système urinaire. Le risque de podermatite est également très important. Le pied du lapin est fragile, et, une fois l’infection apparue, les risques de complications ne sont pas à exclure.

Côté psychologique, c’est tout aussi négatif. Le lapin s’ennuie, déprime, et entre dans un cercle vicieux : coupé de toute relation sociale, il s’enferme dans son isolement et mène une vie amorphe. Il peut aussi devenir agressif, envers les autres animaux de la maison, les humains, mais aussi contre lui-même en s’adonnant à l’automutilation.

En conséquence, l’espérance de vie de votre lapin se trouve réduite et sa vie est bien malheureuse.

Les solutions pour éviter la cage

Vous pouvez parfaitement vous passer de cage et vous adapter selon la configuration de votre habitation. Vous pouvez faire le choix de laisser votre lapin en totale liberté, il faut pour cela qu’il respecte votre environnement et ne s’attaque pas à votre mobilier ou pire, à vos fils électriques.

Créer un enclos représente une solution pratique qui détermine le territoire sur lequel votre lapin est libre d’aller et venir. Il est bon de lui aménager un coin confortable où il pourra se camoufler pendant les moments où il veut se reposer, une cabane en bois ou en fibres végétales par exemple. Choisissez un toit plat, pour qu’il puisse en faire aussi un point d’observation.

Sécurisez toujours les fils électriques, ils représentent vraiment le péché mignon des lapins et malgré la meilleure éducation possible, certains ne renoncent jamais.

L’idéal pour le sol est qu’il soit couvert de tapis en matière naturelle. Le carrelage, le lino et la moquette ne sont guère indiqués. Ils sont inconfortables et peuvent provoquer une podermatite.

N’oubliez pas le bac à litière, naturelle elle aussi, ne prenez pas de la litière à chat. Le lapin est cæcotrophe, c’est-à-dire qu’il mange ses excréments pour les digérer une seconde fois (sur le principe de la rumination de la vache) pour en extraire les nutriments et micro-organismes n’ayant pas été filtrés au premier passage. Il mangera toujours un peu de litière en même temps.

Pensez au bien-être de votre lapin et oubliez la cage. Préférez un enclos où il pourra s’épanouir, vous constaterez rapidement un bien meilleur moral chez votre animal.

 

 

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